Autrefois assez appréciés, les jeux de skate ont presque disparu, malgré quelques jeux par ci par là, dont le plus connu est sans doute la série des Olli olli. Le studio Undercoders a décidé de contourner le problème en reprenant tous les éléments de scoring de ces jeux, mais en changeant radicalement l’emballage. Exit les skate, et bienvenue aux trains et aux rails dans un Japon dystopique. Les sorties se font à 200 à l’heure, la mise en scène des circuits est complètement folle, et le jeu est à la fois très accessible pour les initiés comme moi qui n’ont jamais touché à un jeu de ce genre et très profond pour toute personne aimant refaire les circuits un par un pour remplir tous les objectifs. Résumé pour les tldr : clairement LE jeu de l’été.

 

Note : ce test a été réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur Fireshine Games, merci à eux. Le jeu est doublé en anglais ou en japonais, avec sous-titres français et coûte 20€ sur l’eshop.

 

Dans le futur, une catastrophe climatique a rendu la vie difficile hors des dômes, des structures construites par la société Miraido autour des grandes villes japonaises pour les mettre sous cloche et y protéger la population. La population du dehors a développé le Denshattack, un sport qui consiste à foncer en train sur le réseau ferré en faisant un maximum de figures, pour la beauté du spectacle. Mais ce sport a été interdit, et est désormais source de tensions entre des bandes de riders illégaux et la police des rails. Dans ce contexte, notre héroïne Emi découvre le Denshattack pendant une livraison de ramens, et décide très vite de voyager dans tout le Japon pour s’y former, afin d’affronter le VACTRAIN, fleuron de Miraido et symbole de son emprise sur le Japon. Le scénario est ici un prétexte à enchaîner les parcours, mais fonctionne assez bien. Il est cousu de fils blancs et ne surprend jamais, mais il est porté par un casting de marginaux hauts en couleurs. On s’attache à ce groupe qui grandit au fur et à mesure des chapitres, se soude, et ne manque jamais une occasion de s’exprimer sur ce qu’il se passe, aussi bien avant, pendant et après les niveaux. La DA du jeu ultra colorée sert à merveille cette ambiance “rébellion cool” qui fait le charme de l’histoire, même si concernant le design des personnages… Disons que je n’étais pas toujours convaincu.

Mais le vrai point central de Denshattack!, c’est son gameplay. L’aventure est séparée en huit grandes régions, elles mêmes découpées en stages (en moyenne 8 par région). Le stage le plus fréquent est une course linéaire. Vous partez d’un point A et vous allez vers un point B. Dit ainsi ça a l’air simple, d’autant que le jeu vous offre les vies infinies et est extrêmement généreux sur les check points, jamais très loin en cas de sortie de piste. Mais le vrai intérêt est de remplir des objectifs. Vous avez un objectif de temps, un objectif de score, qui grimpe en fonction des tricks que vous faites pendant le parcours (j’y reviendrai plus tard), des actions spécifiques au stage à faire et des collectibles à récupérer. Les rails sont loin d’être sur une bande unie et il vous faudra régulièrement passer d’un rail à un autre, sauter, grinder sur des tuyaux, gérer les virages brutaux, les obstacles,... Les mécaniques mises en places sont nombreuses et variées, et chaque stage est unique. Ceci est renforcé par la mise en scène aussi nerveuse que le rythme auquel vous avancez. Et pour en rajouter tous les stages ont plusieurs embranchements, ce qui est excellent pour leur rejouabilité, surtout que certains sont cachés et nécessitent un peu d’observation pour être vus. Les prendre est toujours gratifiant, d’autant que les sections sont toujours très différentes les unes des autres et donnent une bonne raison de refaire un niveau plusieurs fois pour en dénicher tous les secrets, et faire toutes les sections (un peu comme dans les meilleurs Sonic).

Pour vous donner un exemple de début de jeu (présent dans la démo), vous pouvez très bien être propulsé en l’air, glisser sur un tuyau, atterrir sur une pancarte murale, y faire un wall run tout ça pour finir sur une grande roue, que vous dirigez après l’avoir faite sortir de force de sa structure. Et plus vous avancez dans le jeu, plus ce dernier vous débloque de nouveaux mouvements qui enrichissent le gameplay, jusqu’à la fin. Déjà cela évite la lassitude, mais en plus ça permet d’apprendre les mouvements un par un, vous évitant ainsi d’être perdus.

A ces niveaux classique s’ajoutent trois autres types, qui sont présents à raison d’un de chaque par région, avec la même logique d’objectifs variés à remplir :

  • Les arènes de tricks, où vous avez deux minutes pour enchaîner un maximum de figures et faire le meilleur score. Si vous n’aimez pas, sachez que le score minimum à atteindre est très bas et a peu de chances de vous bloquer
  • Les arènes de courses, lors desquelles vous devez arriver dans les trois premiers, avec en moyenne une cinquantaine de participants. Comme un niveau classique, mais plus court car sur une logique de trois tours, avec néanmoins toujours autant de sections différentes entre lesquelles vous devrez choisir régulièrement.
  • Les combats de boss, impossibles à décrire tellement aucun ne se ressemble. Sachez juste que ce sont les plus grands moments du jeu, aussi bien en termes de mise en scène WTF à la japonaise (avec des méchas, des kaijus, des rides dans une tornade, ou encore une partie de guitare hero qui vient se glisser parce que pourquoi pas) qu’en termes de mécaniques. C’est toujours jouissif de les découvrir et de les finir.

Parlons maintenant du score. Le jeu vous fera tout le temps sauter d’une section de rails à une autre, glisser sur des rampes, sauter à la verticale pour atterrir sur des rails situés à côté (comme sur une rampe de skate). Et tous ces mouvements en l’air seront l’occasion de sortir l’un des nombreux tricks du jeu. Plus ils sont compliqués et plus ils rapportent de points, sachant que le total des points sera augmenté par un multiplicateur qui grandit à chaque trick que vous faites à la suite, créant ainsi un combo. Cessez de faire des figures et le combo s'arrête, réinitialisant le multiplicateur. Très vite il est donc conseillé de maintenir un combo pour avoir un gros multiplicateur, car c’est le secret pour faire un score assez haut pour remplir l’objectif associé à chaque niveau. Or si le jeu vous permet certaines figures (comme les manuals) entre chaque saut, ces figures ne durent qu’un temps déterminé. Sachant qu’en même temps le niveau défile et les occasions de crasher votre train dans le décor aussi, vous faisant perdre ainsi votre combo et du temps. Il faut donc savoir jongler entre nécessité de rester sur les rails et nécessité d'enchaîner un maximum de figures à la suite tout le long du circuit.

Mais pas d’inquiétude si vous souhaitez juste compléter les objectifs, sans faire de record mondial, ceux-ci sont répartis sur trois niveaux pour le temps et le score : bronze, argent et or. Le bronze est facile à obtenir, et si l’or nécessite de donner un beau spectacle, il ne vous oblige pas non plus à faire un circuit parfait et autorise quelques petites erreurs. Le jeu est plutôt bien équilibré, permettant à chacun de choisir ses objectifs et de prendre du plaisir aussi bien grâce au spectacle visuel qu’il offre que grâce à la sensation de maitriser le gameplay et d'enchaîner les mouvements classes. L’aventure se boucle en une dizaine d’heures, mais avec la grande rejouabilité qu’elle implique, vous pourrez facilement faire monter la durée de vie à 25 - 30 heures, voire plus, en fonction de votre désir d’obtenir un maximum de rangs or (qui équivaut à une réussite de tous les objectifs) sur les niveaux.

Mais pour cela il faut que la technique suive. Et ça tombe bien car sur Switch 2 c’est impeccable. De bout en bout de l’aventure je n’ai vu aucun lag, aucun ralentissement et aucun bug. A l’image du reste c’est parfaitement maîtrisé, aussi bien sur la télé qu’en portable. Et comme si cela ne suffisait pas, la BO est également de grande qualité. Chaque niveau est servi par des musiques ultra entrainantes qui accompagnent à merveille l’action survitaminée et sont toujours dans le ton.

Gameplay, game design, histoire, DA et musique, Denshattack! mixe tous ces éléments avec brio et nous sert un des meilleurs jeux de 2026. Et c’est quelqu’un qui n’a jamais eu la moindre appétence pour les jeux de skate qui écrit cela. Ce qui en dit long sur le niveau de plaisir que ce jeu procure à tout moment. Si vous êtes intéressé, vous pouvez envisager sérieusement l’achat. Pour 20 euros, on peut dire que c’est noël en juillet grâce à Undercoders.

 

Vous aimerez ce jeu si :

  • vous aimez les jeux de skate
  • vous aimez les jeux qui vous donnent un spectacle visuel intense en continu
  • vous aimez les jeux facilement pris en main, mais avec une grande profondeur de gameplay
  • vous aimez revenir sur les niveaux d’un jeu pour le plaisir de les maitriser parfaitement

 

Vous n’aimerez pas ce jeu si :

  • vous n’aimez que les jeux contemplatifs

Test réalisé par Luciole